Grenats : les 6 espèces, leurs variétés gemmes et comment les distinguer

Trois cristaux de grenat dodécaédriques rouge, orange et vert illustrant les espèces de la famille

Les six espèces de grenat sont le pyrope, l'almandin, la spessartine, le grossulaire, l'andradite et l'ouvarovite : six compositions chimiques différentes bâties sur une seule et même charpente cubique, de formule générale X₃Y₂(SiO₄)₃. Ce chiffre de six est une convention gemmologique, pas une vérité minéralogique : la nomenclature officielle de l'Association internationale de minéralogie reconnaît 32 espèces réparties en cinq groupes, dont un seul alimente la joaillerie. Cet article couvre la structure et ses trois sites, l'arbre complet de la famille, les six espèces et leurs variétés commerciales, la raison pour laquelle un grenat chimiquement pur n'existe pratiquement jamais, et les critères de reconnaissance et d'achat. Une particularité mérite d'être connue avant toute autre : le grenat est l'une des rares gemmes qui ne se traite quasiment jamais.

À retenir sur les grenats

  • Les six espèces gemmes : pyrope, almandin et spessartine forment la série des pyralspites ; grossulaire, andradite et ouvarovite celle des ugrandites.
  • Formule : X₃Y₂(SiO₄)₃, nésosilicates du système cubique, groupe d'espace Ia3̄d — l'espèce est définie par ce qui occupe les sites X et Y.
  • Constantes : dureté 6,5 à 7,5 Mohs, densité 3,50 à 4,30, indice de réfraction 1,71 à 1,89, minéral isotrope sans clivage.
  • Variétés : rhodolite, tsavorite, démantoïde, hessonite, malaya, mélanite et grenat du Mali sont des noms commerciaux, pas des espèces.
  • Solutions solides : les compositions réelles se placent entre les pôles purs, ce qui fait varier densité et indice en continu.
  • Traitements : pratiquement aucun sur toute la famille, ce qui distingue le grenat de la plupart des gemmes de couleur.
Grenat spessartine orange de la collection de grenats Elithos

Six espèces, une seule collection

Notre sélection réunit des grenats bruts et taillés couvrant plusieurs espèces de la famille, du pyrope rouge à la spessartine orange. Chaque pièce est identifiée par son espèce et sa provenance, pas seulement par une couleur.

Une seule charpente, trois sites

Les grenats sont des nésosilicates : leurs tétraèdres SiO₄ sont isolés les uns des autres, reliés uniquement par les cations qui les entourent. Cette famille occupe la classe 9.AD de la classification de Strunz, dans les silicates. Tous cristallisent dans le système cubique, la plupart dans le groupe d'espace Ia3̄d, ce qui a une conséquence directe et très pratique : un grenat est optiquement isotrope, sans biréfringence ni pléochroïsme.

La formule X₃Y₂(SiO₄)₃ décrit trois positions distinctes dans la structure. Le site Z, tétraédrique, accueille le silicium. Le site Y, octaédrique, reçoit des cations trivalents : aluminium, fer ferrique, chrome, vanadium. Le site X, dodécaédrique et plus vaste, loge des cations divalents : magnésium, fer ferreux, manganèse ou calcium. Toute la diversité de la famille tient au remplissage de ces deux derniers sites.

Les trois sites cationiques de la structure du grenat Schéma des trois sites de la structure grenat de formule X3Y2(SiO4)3 : le site Z tétraédrique occupé par le silicium, le site Y octaédrique occupé par aluminium, fer trivalent, chrome ou vanadium, et le site X dodécaédrique occupé par magnésium, fer divalent, manganèse ou calcium. Trois sites, une seule charpente Site Z — tétraèdre Si Site Y — octaèdre Al, Fe³⁺, Cr³⁺, V³⁺ Site X — dodécaèdre Mg, Fe²⁺, Mn²⁺, Ca X₃Y₂(SiO₄)₃ Ce sont X et Y qui définissent l'espèce, pas la structure
Figure 1 — Le site X est un dodécaèdre triangulaire à huit sommets, représenté ici de façon simplifiée. Sa taille explique pourquoi le calcium, plus volumineux que le magnésium, sépare la famille en deux séries qui se mélangent mal entre elles.
💡 Un repère utile : le grenat ne possède aucun plan de clivage, ce qui est rare parmi les gemmes de couleur. Là où une topaze se fend net sur un choc mal placé et où une kunzite se clive presque à la demande, un grenat se contente d'une cassure conchoïdale. À dureté égale, cela en fait une pierre nettement plus tolérante au port quotidien. Le mot lui-même vient du latin malum granatum, la pomme à grains, en référence aux arilles de la grenade dont les cristaux rouges ont la couleur et la forme arrondie.

L'arbre de famille des grenats

La nomenclature de référence date de 2013 : le rapport de la commission des nouveaux minéraux de l'IMA, rédigé par Edward Grew et ses coauteurs, a réorganisé l'ensemble sous le nom de supergroupe des grenats. Sa formule générale s'écrit {X₃} [Y₂](Z₃)φ₁₂, où φ désigne l'oxygène, un hydroxyle ou du fluor. Le critère de classement n'est pas la couleur ni l'usage, mais la charge électrique totale au site Z et la symétrie.

Le rapport reconnaissait 32 espèces validées, dont 29 réparties en cinq groupes : henritermiérite (charge 8, seul groupe tétragonal), bitikléite (9, oxydes), schorlomite (10), grenat (12, silicates) et berzéliite (15, vanadates et arséniates). Trois espèces — katoïte, cryolithionite et yafsoanite — restent les représentants isolés de groupes potentiels. Le document a aussi fait le ménage : l'hibschite, par exemple, a été discréditée au profit du grossulaire. Le texte intégral est librement consultable auprès de la Mineralogical Society of America.

Les cinq groupes du supergroupe des grenats Arborescence du supergroupe des grenats selon la nomenclature de l'Association internationale de minéralogie : cinq groupes, henritermiérite, bitikléite, schorlomite, grenat et berzéliite, dont seul le groupe des grenats fournit les six espèces gemmes de la joaillerie. Le supergroupe des grenats Supergroupe des grenats {X₃} [Y₂](Z₃)φ₁₂ Henritermiérite Bitikléite Schorlomite Grenat Berzéliite Groupe des grenats les 6 espèces gemmes 32 espèces validées au total, un seul groupe intéresse la joaillerie
Figure 2 — Les quatre groupes non gemmes rassemblent des espèces de fumerolles, de skarns métamorphisés et de météorites, souvent connues d'une ou deux localités seulement. Aucune ne dépasse le stade du micromount pour le collectionneur.

À l'intérieur du groupe « grenat » proprement dit, la minéralogie du XIXᵉ siècle avait déjà repéré une coupure que la chimie moderne confirme. Elle tient au site X. Quand celui-ci est occupé par du magnésium, du fer ferreux ou du manganèse, on parle de pyralspites — acronyme de pyrope, almandin, spessartine. Quand il est occupé par du calcium, on parle d'ugrandites, pour ouvarovite, grossulaire, andradite. Les six espèces gemmes se répartissent exactement en trois de chaque côté.

Arbre des six espèces de grenats gemmes Arbre généalogique du groupe des grenats séparé en deux séries : les pyralspites, où le site X est occupé par le magnésium, le fer divalent ou le manganèse, qui donnent pyrope, almandin et spessartine ; et les ugrandites, où le site X est occupé par le calcium, qui donnent grossulaire, andradite et ouvarovite. L'arbre des six espèces Groupe des grenats Pyralspites — X = Mg, Fe, Mn Ugrandites — X = Ca Pyrope — Mg₃Al₂(SiO₄)₃ Almandin — Fe₃Al₂(SiO₄)₃ Spessartine — Mn₃Al₂(SiO₄)₃ Grossulaire — Ca₃Al₂(SiO₄)₃ Andradite — Ca₃Fe₂(SiO₄)₃ Ouvarovite — Ca₃Cr₂(SiO₄)₃ Des pôles purs : aucune pierre réelle ne s'y conforme exactement
Figure 3 — Deux pièges de vocabulaire. « Spessartite » est le nom commercial ancien de la spessartine, mais désigne aussi une roche magmatique filonienne, ce qui explique que l'IMA ait tranché pour « spessartine ». « Ouvarovite » et « uvarovite » sont la même espèce, la première étant la graphie française.

Les six espèces en détail

Les constantes ci-dessous sont celles des pôles purs. Une pierre réelle s'en écarte toujours, d'autant plus que sa composition s'éloigne du pôle. C'est précisément cet écart qui permet au laboratoire de déterminer la variété.

🔴 Pyrope

  • Formule : Mg₃Al₂(SiO₄)₃
  • Couleur : rouge sang à pourpre
  • Constantes : indice 1,714 — densité 3,58
  • Roches : péridotites, kimberlites, éclogites
  • Gisements : Bohême, Arizona, Afrique du Sud

🟤 Almandin

  • Formule : Fe₃Al₂(SiO₄)₃
  • Couleur : rouge brique à rouge violacé
  • Constantes : indice 1,830 — densité 4,32
  • Roches : micaschistes, gneiss, granulites
  • Gisements : Inde, Sri Lanka, Madagascar, Collobrières dans le Var

🟠 Spessartine

  • Formule : Mn₃Al₂(SiO₄)₃
  • Couleur : orange vif à rouge-brun
  • Constantes : indice 1,800 — densité 4,19
  • Roches : pegmatites, skarns manganésifères
  • Gisements : Loliondo en Tanzanie, Kunene en Namibie, Nigeria, Chine

🟢 Grossulaire

  • Formule : Ca₃Al₂(SiO₄)₃
  • Couleur : incolore, vert, jaune, orange
  • Constantes : indice 1,734 — densité 3,59
  • Variétés : tsavorite, hessonite, grenat menthe
  • Gisements : Kenya, Tanzanie, Sri Lanka, Raon-l'Étape dans les Vosges

💚 Andradite

  • Formule : Ca₃Fe₂(SiO₄)₃
  • Couleur : vert, jaune, brun-noir
  • Constantes : indice 1,887 — densité 3,86
  • Variétés : démantoïde, topazolite, mélanite
  • Gisements : Oural, Namibie, Antetezambato à Madagascar, Iran

🍀 Ouvarovite

  • Formule : Ca₃Cr₂(SiO₄)₃
  • Couleur : vert émeraude intense
  • Constantes : indice 1,86 — densité 3,77
  • Particularité : cristaux millimétriques, presque jamais facettables
  • Gisements : Saranovskii dans l'Oural, Outokumpu en Finlande, Québec

Grossulaire et andradite naissent tous deux au contact entre un magma et une roche carbonatée, un contexte que nous détaillons dans notre article sur les skarns. Cela explique qu'on les trouve souvent associés dans un même échantillon, et qu'ils forment entre eux une série continue baptisée « grandite ».

💡 Le saviez-vous ? Le démantoïde, variété verte chromifère de l'andradite, possède une dispersion de 0,057, supérieure à celle du diamant qui plafonne à 0,044. C'est de là que vient son nom, formé sur demant, « diamant » dans les langues germaniques anciennes. Découvert vers 1853 dans les alluvions de la Bobrovka, dans l'Oural, il fut d'abord confondu avec du péridot avant que le minéralogiste finlandais Nils Gustaf Nordenskiöld ne l'identifie dans les années 1860. Les pierres russes montrent des inclusions fibreuses de byssolite ou de chrysotile en gerbes, dites « queues de cheval », qui certifient l'origine et font monter le prix au lieu de le faire baisser.

Pourquoi un grenat pur n'existe presque jamais

Les six formules du chapitre précédent décrivent des pôles théoriques. Dans la nature, les cations du site X se substituent librement les uns aux autres tant que leurs rayons ioniques sont proches : magnésium, fer ferreux et manganèse s'échangent sans difficulté, et la même liberté existe entre aluminium et fer ferrique au site Y. Un grenat réel est donc presque toujours un mélange, et sa composition s'exprime en pourcentages de plusieurs pôles.

La miscibilité s'arrête en revanche entre les deux séries. Le calcium, sensiblement plus volumineux que le magnésium, déforme trop la structure pour s'y substituer librement : pyralspites et ugrandites forment deux domaines de composition largement séparés. C'est cette coupure, et non une convention, qui justifie de traiter la famille en deux branches.

Solutions solides des grenats et variétés commerciales Diagramme ternaire de la série pyralspite entre pyrope, almandin et spessartine, où se placent la rhodolite et le grenat malaya, et segment de la série ugrandite entre grossulaire et andradite, où se place le grenat du Mali. Les variétés vivent entre les pôles Série pyralspite Pyrope Almandin Spessartine Rhodolite Malaya Série ugrandite Grossulaire Andradite Grenat du Mali Les noms commerciaux désignent des compositions mixtes Densité et indice varient en continu avec la composition
Figure 4 — Les positions indiquées sont schématiques : chaque nom commercial couvre en réalité une plage de compositions, dont les bornes varient d'un laboratoire et d'un marché à l'autre. C'est la raison pour laquelle deux certificats peuvent qualifier différemment une même pierre limite.

Les noms que vous verrez en vitrine

  • Rhodolite : mélange pyrope-almandin, rose violacé, décrite en 1882 dans la Cowee Valley en Caroline du Nord.
  • Malaya ou malaia : mélange pyrope-spessartine, rose-orangé à brun-rouge, issu de la vallée de l'Umba entre Tanzanie et Kenya. Le nom signifie « bâtard » en swahili : les mineurs le rejetaient faute de savoir le nommer.
  • Grenat du Mali : mélange grossulaire-andradite décrit en 1994, jaune-vert à brun doré, remarquable par sa dispersion élevée.
  • Grenat à changement de couleur : pyrope-spessartine riche en vanadium, bleu-vert en lumière du jour et rouge-violet en lumière incandescente, principalement de Bekily au sud de Madagascar.
  • Mélanite : andradite titanifère noire, opaque, longtemps utilisée en bijou de deuil.

La conséquence est mesurable : la densité s'étale de 3,50 à 4,30 et l'indice de réfraction de 1,71 à 1,89 en continu, sans palier. Deux pierres de même couleur peuvent appartenir à deux espèces dominantes différentes, et c'est la mesure, pas l'œil, qui tranche.

Reconnaître, évaluer et acheter un grenat

Trois observations écartent la majorité des confusions. Au polariscope, un grenat reste éteint dans toutes les positions puisqu'il est isotrope : cela élimine d'emblée le rubis, la tourmaline, le zircon et la topaze, tous biréfringents. À la loupe, l'absence de plan de clivage et la cassure conchoïdale distinguent le grenat d'un verre, qui trahit presque toujours des bulles sphériques. Au réfractomètre enfin, la valeur situe l'espèce : autour de 1,74 pour un grossulaire, au-delà de 1,88 pour une andradite, souvent hors de portée d'un appareil standard.

🔍 Face à un rouge

  • Confusions : rubis, spinelle rouge, tourmaline rubellite, verre
  • Discriminant : le rubis et la tourmaline sont biréfringents et pléochroïques
  • Spectroscope : l'almandin montre trois bandes du fer bien marquées

🟩 Face à un vert

  • Confusions : émeraude, diopside chromifère, péridot, verre
  • Discriminant : le péridot dédouble nettement les arêtes vues à la loupe
  • Filtre Chelsea : tsavorite et démantoïde virent au rougeâtre

🟧 Face à un orange

  • Confusions : zircon, topaze impériale, citrine, saphir padparadscha
  • Discriminant : le zircon a une biréfringence très forte, visible à la loupe
  • Densité : une spessartine dépasse 4,10, la citrine plafonne à 2,65

Deux pièges méritent d'être signalés. Le premier est la biréfringence anomale : grossulaire et andradite montrent fréquemment, au polariscope, des plages sombres et claires dues à des contraintes internes, alors qu'ils sont bien cubiques. Cette figure n'invalide pas l'identification, elle la confirme même souvent. Le second concerne les inclusions, qui sur cette famille sont un atout diagnostique de premier ordre — aiguilles de rutile dans l'almandin, cristaux arrondis et voiles dans l'hessonite, queues de cheval dans le démantoïde russe. C'est le sujet de notre article sur les inclusions, du défaut au trésor scientifique.

Ce qui fait monter le prix

La saturation et la pureté de la couleur avant tout. Ensuite l'espèce : démantoïde et tsavorite dominent largement le marché, suivis de la spessartine orange vif dite mandarine, puis de la rhodolite. Le poids joue de façon très marquée au-delà de deux carats, car les cristaux gemmes propres sont rares dans plusieurs espèces. Pour un démantoïde russe, la présence de queues de cheval ajoute une prime nette.

Ce qui n'entre pas en jeu

Les traitements, presque toujours absents. Aucune chauffe n'améliore un grenat, aucune diffusion ne le colore, et le comblement de fissures reste marginal, limité à quelques démantoïdes. C'est un argument d'achat solide face à des familles comme le corindon ou le béryl, où le traitement est la norme. Un vendeur qui insiste sur le caractère « non traité » d'un grenat énonce donc une évidence, pas un privilège.

Ce que les grenats racontent aux géologues

Peu de minéraux sont aussi utiles à la lecture d'un terrain. Le grenat apparaît à une température précise du métamorphisme régional et sert depuis George Barrow de minéral index : sa première occurrence délimite la « zone à grenat » sur une carte, entre la zone à biotite et la zone à staurotide. Nous replaçons cette logique dans notre article sur les roches métamorphiques.

Il fait mieux encore. L'échange du fer et du magnésium entre un grenat et une biotite, ou entre un grenat et un clinopyroxène, dépend de la température : la mesure des deux compositions donne un thermomètre. Beaucoup de cristaux sont de surcroît chimiquement zonés, du cœur vers la bordure, et cette zonation enregistre le trajet pression-température suivi par la roche pendant son enfouissement puis son exhumation. Un seul grain bien analysé raconte des dizaines de millions d'années.

💎 Le traceur des diamants

  • Principe : les kimberlites contiennent beaucoup plus de grenats que de diamants
  • Marqueur : le pyrope chromifère dit G10, riche en chrome et pauvre en calcium
  • Méthode : report des analyses sur un diagramme CaO — Cr₂O₃, avec la ligne des 85 % définie par Gurney en 1984
  • Usage : remonter une traînée de grains dans les sédiments jusqu'à la cheminée mère

🌌 Le grenat des profondeurs

  • Espèce : majorite, Mg₃(MgSi)(SiO₄)₃
  • Particularité : le silicium y occupe aussi le site octaédrique, ce qu'aucun grenat de surface ne fait
  • Domaine : stable entre 5 et 25 GPa, soit la zone de transition du manteau
  • Découverte : identifiée en 1970 par Smith et Mason dans la météorite de Coorara, en Australie

Le GIA détaille l'usage des minéraux indicateurs dans sa synthèse sur la géologie des diamants. À l'autre bout de la chaîne de valeur, l'almandin sans qualité gemme est le premier abrasif naturel du monde : il alimente la découpe au jet d'eau et le sablage industriel, avec l'Inde, l'Australie et les États-Unis comme principaux producteurs.

💡 Un fait remarquable : pendant près de deux siècles, la règle enseignée fut que le grenat existait dans toutes les couleurs sauf le bleu. Les gisements de Bekily, au sud de Madagascar, l'ont nuancée dans les années 1990 : ces grenats pyrope-spessartine très riches en vanadium apparaissent bleu-vert sous la lumière du jour et basculent au rouge-violet sous une lampe à incandescence. Quelques pierres sont décrites comme franchement bleues sous éclairage diurne. Un bleu stable dans les deux éclairages reste toutefois exceptionnel, et se paie en conséquence.

Questions fréquentes sur les grenats

Le grenat est-il une pierre précieuse ou une pierre fine ?
Une pierre fine, au sens de la nomenclature commerciale française qui réserve le terme « précieuse » au diamant, au rubis, au saphir et à l'émeraude. Cette classification est purement conventionnelle et ne dit rien de la valeur réelle : un démantoïde russe de belle taille dépasse largement, au carat, une émeraude de qualité commerciale. Elle ne dit rien non plus de la solidité, puisque le grenat, dépourvu de clivage, résiste mieux aux chocs que l'émeraude. En pratique, la valeur d'un grenat dépend de son espèce, de sa couleur et de sa taille, pas de l'étiquette qu'on lui accole.
Existe-t-il un grenat bleu ?
Oui, mais de façon très restrictive. La règle classique voulait que le grenat couvre toutes les couleurs sauf le bleu, et elle a tenu jusqu'aux découvertes malgaches des années 1990. Les grenats vanadifères de Bekily montrent un bleu-vert franc en lumière du jour, qui vire au rouge-violet en lumière incandescente : ce sont d'abord des pierres à changement de couleur. Un bleu profond et stable sous les deux éclairages existe mais reste parmi les gemmes les plus rares du marché. Méfiez-vous d'un « grenat bleu » proposé à bas prix : il s'agit le plus souvent d'un verre ou d'un spinelle synthétique.
Comment reconnaître un vrai grenat d'un verre ou d'un rubis ?
Commencez par le dédoublement des arêtes : observez les facettes du fond à travers la table, à la loupe. Un rubis, une tourmaline ou un zircon dédoublent les arêtes, un grenat jamais, puisqu'il est isotrope. Passez ensuite à la densité, qui se situe entre 3,50 et 4,30 selon l'espèce, contre 2,4 à 3,0 pour la plupart des verres : une simple balance hydrostatique suffit à trancher. Cherchez enfin des bulles sphériques et des stries d'écoulement, signatures du verre coulé, absentes de tout minéral naturel. Notre article sur le circuit des minéraux, de la mine aux grossistes détaille les points de vigilance à l'achat.
Combien coûte un grenat au carat ?
L'écart entre espèces est considérable, ce qui rend tout prix moyen trompeur. Un almandin ou un pyrope de qualité courante se compte en dizaines d'euros le carat. Une rhodolite bien saturée ou une spessartine orange vif monte à quelques centaines. La tsavorite se négocie en milliers d'euros le carat au-delà de deux carats, et le démantoïde russe à queues de cheval atteint les niveaux les plus élevés de la famille. Trois facteurs expliquent l'essentiel de l'écart : l'espèce, la saturation de la couleur et la taille disponible, plusieurs espèces ne donnant que rarement des pierres propres de plus de deux carats. L'absence de traitement, elle, ne constitue pas une prime : c'est la norme sur toute la famille.
Pourquoi les cristaux de grenat ont-ils cette forme à douze faces ?
Parce que le dodécaèdre rhomboïdal est la forme la plus dense du réseau cubique auquel appartiennent les grenats, et que ce sont les faces les plus denses qui survivent à la croissance. Le grenat combine fréquemment cette forme avec le trapézoèdre à vingt-quatre faces, ce qui donne des cristaux presque sphériques hérissés d'arêtes. Cette morphologie est si caractéristique qu'elle suffit souvent à identifier un grenat dans une roche, même sans instrument. Le mécanisme général qui sélectionne les faces d'un cristal est expliqué dans notre article sur les 7 systèmes cristallins.
Peut-on porter un grenat tous les jours ?
Oui pour la plupart des espèces, avec une réserve sur l'andradite. La dureté de 7 à 7,5 des pyralspites et du grossulaire, combinée à l'absence totale de clivage, en fait des pierres bien adaptées à une bague portée quotidiennement — nettement plus tolérantes qu'une émeraude ou qu'une opale. L'andradite, démantoïde compris, descend à 6,5 à 7 et mérite une monture protectrice ou un usage en pendentif. L'entretien est simple : eau tiède savonneuse et chiffon doux. Évitez les ultrasons sur les pierres visiblement fissurées, et retirez la bague pour les travaux manuels.

Une charpente, six chimies, tout un marché

Savoir qu'un grenat est d'abord une espèce, et non une couleur, change la façon dont on lit une étiquette. Continuez votre exploration avec nos guides spécialisés.

Pour explorer plus largement notre univers, visitez notre page dédiée aux pierres rares et curiosités.

🔎Guide offert

Ne plus jamais se faire avoir sur une pierre

Le Guide du Collectionneur Averti — authentifier, estimer et conserver météorites, fossiles et minéraux. Et -10 % sur votre première pièce.

  • 🔎Les critères d'authenticité, pièce par pièce
  • 🌍Provenances, raretés & ordres de prix au gramme
  • 🎟️Code -10 % sur votre première commande (bonus)

1 email/mois max · Désinscription en 1 clic · Vos données restent privées.

En lire plus

Prismes hexagonaux de béryl bleu, rose et jaune montrant les variétés d'une même espèce
Géode d'améthyste ouverte montrant la zonation du violet et l'épaisseur de gangue

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont modérés avant d'être publiés.

Ce site est protégé par hCaptcha, et la Politique de confidentialité et les Conditions de service de hCaptcha s’appliquent.

Retrouve tous nos produits ⬇️

Un variétés de produits impressionnant tous en pierres naturelles ! Sélectionnés par nos soins, ses pierres seront t'accompagner dans ton quotidien selon tes besoins.