Prix de la labradorite : fourchettes par format, qualité des reflets et provenance

Bloc de labradorite polie dont la face s'allume en bleu et vert sous une lumière rasante

Le prix d'une labradorite va de 3 à 15 € pour une pierre roulée à 150 à 500 € pour une grande pièce de plus de 2 kg — une amplitude modeste comparée à la plupart des minéraux, parce qu'on n'achète pas de la matière mais une surface qui s'allume. C'est la particularité de cette pierre : le feldspath qui la compose est l'un des minéraux les plus abondants de la croûte terrestre et ne vaut rien en soi. Toute la valeur tient à la labradorescence, ce jeu de couleurs qui n'apparaît que sur une face polie, orientée dans le bon plan. Ce guide donne les fourchettes par format, explique les trois critères qui font réellement le prix, décode ce que vaut le mot « spectrolite », et livre un calcul au gramme qui fonctionne à l'envers de tous les autres minéraux. Un repère à garder en tête : sur la labradorite, le prix au gramme baisse quand la pièce grossit.

 

 

À retenir sur le prix de la labradorite

  • Une amplitude étroite : de 3 € pour une roulée à 500 € pour une grande pièce. La labradorite n'a pas de segment à plusieurs milliers d'euros, contrairement à l'améthyste ou au quartz.
  • Trois critères, aucun n'est le poids : la couverture de la face polie, la palette de couleurs et l'angle sur lequel l'effet reste visible.
  • La hiérarchie des couleurs : bleu et vert sont le standard, le doré ajoute 30 à 50 %, le violet et l'orangé doublent, un spectre complet triple.
  • Le mot spectrolite : il désigne à l'origine le seul matériau finlandais d'Ylämaa. Employé sans mention de gisement, il ne vous garantit rien.
  • Le calcul au gramme : il décroît avec la taille. Comptez 0,15 à 0,30 €/g sous 250 g, et 0,03 à 0,12 €/g au-delà d'un kilo.
  • Le bon réflexe : exigez une photo ou une vidéo sous plusieurs angles. Un cliché unique bien orienté flatte n'importe quelle pierre médiocre.

 

Bloc de labradorite polie aux reflets bleus et dorés, pièce unique de la collection Elithos

Appliquez ces repères à des pièces réelles

Chaque pièce est photographiée sous l'angle où les reflets s'allument, avec son poids indiqué. C'est exactement ce qu'il faut pour appliquer les trois critères de cet article — chez nous comme ailleurs.

 

Les fourchettes de prix, format par format

Comme pour toutes les pierres décoratives, le format fixe la fourchette avant toute considération de qualité. Mais la labradorite a une particularité : son plafond est bas. Là où l'améthyste monte à plusieurs milliers d'euros grâce au format géode, la labradorite plafonne autour de quelques centaines. La raison est simple — il n'existe pas de format spectaculaire équivalent, et le matériau brut est abondant.

 

Fourchettes de prix de la labradorite par format Fourchettes de prix de la labradorite sur une échelle logarithmique : 3 à 15 euros pour une pierre roulée, 12 à 50 euros pour un bijou, 25 à 70 euros pour un bloc poli de 150 à 500 grammes, 25 à 90 euros pour un objet tourné, 50 à 180 euros pour un bloc de 500 grammes à 2 kilos et 150 à 500 euros pour une grande pièce de plus de 2 kilos. Chaque format a sa fourchette 10 € 100 € 1 000 € Roulée, petit galet — 3 à 15 € Bijou — 12 à 50 € Bloc poli 150-500 g — 25 à 70 € Objet tourné, pendule — 25 à 90 € Bloc 500 g à 2 kg — 50 à 180 € Plus de 2 kg — 150 à 500 € Spectrolite finlandaise authentifiée : 2 à 4 fois ces valeurs
Figure 1 — Fourchettes observées chez les détaillants français sérieux, hors soldes. Elles valent pour une couverture correcte et une palette bleu-vert standard ; une palette rare fait sortir la pièce par le haut de sa bande.

 

Chaque bande a sa logique interne. Savoir ce qui fait passer du bas au haut vaut mieux que retenir un prix moyen.

  • Roulée, petit galet — 3 à 15 €. Vous achetez du matériau trié en vrac. Ce qui bouge le prix : la taille et, surtout, le fait qu'une face entière s'allume plutôt qu'un simple éclat sur un coin. Sur ce segment, la différence entre une pièce médiocre et une bonne est visible immédiatement mais se paie quelques euros.
  • Bijou — 12 à 50 €. Bracelet, collier, pendentif. Le façonnage pèse autant que la matière. Sur un bracelet de perles, regardez si toutes les perles réagissent ou seulement trois ou quatre : c'est le principal poste de tri, et donc de prix. Les bracelets baroques, faits de chutes irrégulières, sont plus abordables mais moins réguliers en effet.
  • Bloc poli de 150 à 500 g — 25 à 70 €. Le format le plus répandu, souvent appelé « forme libre ». C'est le meilleur terrain pour se faire l'œil, parce que la surface polie est assez grande pour juger la couverture réelle.
  • Objet tourné, pendule — 25 à 90 €. Sphère, œuf, cœur. Attention à un piège propre à ces formes : sur une sphère, l'effet ne se voit que sur une portion de la surface à la fois, et une pièce qui paraît superbe en photo peut n'avoir qu'une seule « fenêtre » lumineuse. Le tournage consomme aussi énormément de matière, ce qui explique le prix.
  • Bloc de 500 g à 2 kg — 50 à 180 €. Le segment décoratif. À ce poids, exigez une photo de la face polie prise à plat et une seconde prise en inclinaison, sans quoi vous ne pouvez rien juger.
  • Grande pièce de plus de 2 kg — 150 à 500 €. Le haut du marché courant. Les pièces d'un mètre existent mais relèvent de la commande spéciale et de la lapidairerie décorative.

La logique d'ensemble — pourquoi un même minéral s'étale sur deux ordres de grandeur — rejoint celle que nous avons détaillée pour le prix d'un cristal de quartz. La différence tient à ce que la labradorite ne se vend pas en spécimens cristallisés : elle se vend en surfaces polies, et cela change toute la grille d'évaluation.

 

Ce qu'on paie vraiment : la labradorescence

La labradorite est un feldspath plagioclase, l'une des familles les plus abondantes de la croûte terrestre — nous la replaçons dans notre panorama des silicates. Sa matière brute n'a aucune valeur marchande. Ce qui se vend, c'est un phénomène optique : lors du refroidissement lent du magma, le cristal s'est démixé en fines lamelles alternées d'épaisseur nanométrique. Ces lamelles diffractent la lumière et renvoient une couleur qui n'existe pas dans le pigment de la pierre.

Trois conséquences pratiques, qui sont exactement les trois critères de prix.

  • La couverture. Quel pourcentage de la face polie s'allume quand on incline la pierre ? Au-dessus de 70 %, c'est une belle pièce. En dessous de 30 %, le prix doit être au plancher de sa bande. C'est le critère numéro un, avant la couleur.
  • La palette. Le bleu et le vert sont produits par les lamelles les plus courantes ; le doré, le violet et l'orangé exigent des épaisseurs de lamelles plus rares. La hiérarchie de prix suit exactement cette rareté physique.
  • L'angle utile. Certaines pierres n'ont qu'une fenêtre de quelques degrés où l'effet apparaît, d'autres restent lumineuses sur une large plage. C'est le critère le plus difficile à juger sur photo, et celui qui déçoit le plus souvent à la réception.

 

Échelle de valeur des couleurs de labradorescence Échelle de valeur des reflets de la labradorite : le bleu et le vert forment le standard du marché, le doré ajoute 30 à 50 pour cent, le violet et l'orangé doublent le prix, et un spectre complet le triple ou davantage. Toutes les couleurs ne valent pas pareil Bleu · vert standard Doré +30 à 50 % Violet · orangé environ ×2 Spectre complet ×3 et plus La rareté de la couleur, pas le poids, fixe le haut de gamme À surface égale et couverture égale
Figure 2 — Les multiplicateurs sont des ordres de grandeur observés sur le marché du détail, à format et couverture comparables. Une pièce violette mal couverte vaudra toujours moins qu'une pièce bleue entièrement allumée.

 

💡 Le réflexe qui évite la déception : la labradorite est la pierre la plus difficile à vendre honnêtement en photo, et c'est aussi celle où le vendeur peut le plus facilement flatter une pièce moyenne sans mentir. Un cliché unique, pris exactement dans l'axe où l'effet culmine, montre une pierre spectaculaire ; la même pierre à cinq degrés près est grise. Exigez systématiquement deux photos sous des angles différents, ou une vidéo de quelques secondes. Un vendeur qui ne peut ou ne veut pas les fournir sur une pièce à plus de 50 € vous dit quelque chose sur la pièce.

 

Spectrolite et autres appellations à décoder

Le vocabulaire commercial de la labradorite est particulièrement chargé, et chaque terme porte une prime de prix. Les décoder évite de payer un mot.

✨ Spectrolite

  • Sens strict : labradorite du gisement d'Ylämaa, en Finlande
  • Signature : spectre complet, y compris rouge et orangé, sur fond très sombre
  • Usage courant : appliqué abusivement à tout matériau multicolore, notamment malgache
  • Prime : 2 à 4 fois le prix courant, si l'origine finlandaise est établie

🤍 Labradorite blanche, péristérite

  • Sens : plagioclase à reflets bleutés sur fond clair, souvent vendu comme pierre de lune
  • Différence : l'effet est plus doux, laiteux, sans le contraste du fond sombre
  • Public : ceux qui cherchent une pierre discrète plutôt qu'un contraste marqué
  • Prime : légère, de l'ordre de 20 à 30 % sur les petits formats

🌙 Pierre de lune noire

  • Sens : appellation commerciale, désigne le plus souvent une labradorite sombre
  • Attention : la vraie pierre de lune est une orthose, un feldspath différent
  • Effet optique : adularescence laiteuse, pas labradorescence colorée
  • Prime : aucune justification — c'est un nom, pas une qualité

🌈 « Arc-en-ciel », « premium », « AAA »

  • Sens : aucun, au sens normatif du terme
  • Réalité : aucune norme internationale ne grade la labradorite
  • Ce qui compte : la couverture, la palette et l'angle utile, tous visibles sur photo
  • Prime : ne payez jamais la lettre, payez ce que vous voyez

L'histoire du mot « spectrolite » explique sa valeur. Le géologue finlandais Aarne Laitakari décrivait cette pierre depuis des années sans en trouver la source lorsque son fils Pekka en découvrit le gisement à Ylämaa en 1940, pendant la construction des fortifications de la ligne Salpa. L'exploitation démarra après la guerre et le premier atelier de taille ouvrit sur place en 1973. Le terme est resté attaché à ce matériau, comme le rappelle la notice de référence sur la spectrolite — mais rien n'empêche un vendeur de l'employer pour du malgache.

 

Ce que la provenance change vraiment

Sur la labradorite, la provenance est le seul cas où un nom de pays justifie honnêtement une prime — mais uniquement pour la Finlande, et à condition qu'elle soit établie. Partout ailleurs, l'origine renseigne sur un style, pas sur une qualité.

 

Labradorite de Madagascar et spectrolite de Finlande Comparaison des deux provenances de référence : Madagascar assure la production mondiale majoritaire avec des reflets bleus et verts sur fond gris, tandis que la Finlande, à Ylämaa, produit la spectrolite au spectre complet sur fond très sombre, en volumes très limités et deux à quatre fois plus chère. Madagascar ou Finlande : deux marchés Madagascar production mondiale majoritaire reflets bleus et verts, fond gris grands blocs disponibles le référentiel de prix courant Finlande gisement unique d'Ylämaa spectre complet, fond très sombre petites pièces, volumes limités 2 à 4 fois le prix courant « Spectrolite » désigne le matériau finlandais Sans mention du gisement, vous payez un mot
Figure 3 — Les deux gisements exploitent des anorthosites, ces roches magmatiques presque entièrement composées de plagioclase. C'est la vitesse de refroidissement du massif qui a déterminé l'épaisseur des lamelles, donc les couleurs obtenues.

 

Les autres origines et ce qu'elles impliquent à l'achat

🇲🇬 Madagascar

  • Districts : Ampanihy dans le Sud-Ouest, Andilamena
  • Signature : bleus et verts dominants, parfois doré et violet
  • Volumes : la production majoritaire du marché mondial
  • À l'achat : c'est votre référentiel de prix, jugez tout le reste par rapport

🇫🇮 Finlande

  • Gisement : Ylämaa, dans le sud-est du pays
  • Signature : spectre complet sur fond quasi noir, contraste maximal
  • Volumes : faibles, essentiellement en petites pièces et bijoux
  • À l'achat : la seule prime d'origine réellement justifiée, si elle est documentée

🇨🇦 Canada

  • Gisement : complexe de Nain, au Labrador — la localité type
  • Signature : bleus et verts, souvent sur de grandes plages
  • Volumes : confidentiels sur le marché européen du détail
  • À l'achat : valeur historique et de collection, rarement décorative

🇺🇸 Oregon

  • Particularité : une labradorite transparente et facettable, sans labradorescence
  • Signature : jaune clair à rouge, avec des paillettes de cuivre
  • Marché : vendue au carat en joaillerie, pas au poids
  • À l'achat : autre marché, autres prix — ne comparez pas avec du malgache

🇺🇦 Ukraine et Russie

  • Usage : pierre de construction et de dallage, en gros volumes
  • Signature : gris sombre, reflets bleus épars et discrets
  • Marché : carrières industrielles plutôt que minéralogie
  • À l'achat : matériau très bon marché, jamais du haut de gamme

🌍 Autres

  • Mexique : labradorite gemme transparente, marché joaillier
  • Inde : matériau d'entrée de gamme pour perles et roulées
  • Norvège : anorthosites historiques, peu commercialisées
  • France : absente du territoire, aucune production

Une conséquence de marché mérite d'être connue : la domination malgache est récente et tient à des conditions d'extraction très peu coûteuses. C'est elle qui maintient le plafond de prix bas sur toute la famille, y compris pour les belles pièces. Le mécanisme d'ouverture et d'épuisement des gisements, développé dans notre article sur les gisements de minéraux, explique l'essentiel des mouvements de prix sur une décennie.

 

Le calcul au gramme, à l'envers des autres pierres

Chaque bloc de labradorite est une pièce unique, ce qui rend la comparaison directe impossible entre deux vendeurs. Le prix au gramme est le seul indicateur transposable — mais il se lit ici d'une façon qui surprend.

Moins de 250 g0,15 à 0,30 €/g

De 250 g à 1 kg0,08 à 0,20 €/g

Au-delà de 1 kg0,03 à 0,12 €/g

Les barres sont proportionnelles au milieu de chaque bande. Ces valeurs concernent des blocs polis de qualité courante, palette bleu-vert ; une spectrolite authentifiée sort entièrement de cette grille.

Voici la particularité : sur la labradorite, le prix au gramme diminue quand la pièce grossit. C'est l'inverse exact de ce qui se passe sur un quartz de collection, où un gros cristal limpide devient exponentiellement plus rare et plus cher. L'explication tient à ce qu'on achète : une surface, pas un volume. Doubler le poids d'un bloc ne double pas la surface polie visible, il ajoute surtout de l'épaisseur inutile derrière la face qui vous intéresse.

Une confirmation vient du marché des enchères, où un bloc poli de 6,6 kg a été adjugé environ 220 €, soit près de 0,03 € le gramme — trois à sept fois moins qu'un petit bloc de 200 g au détail. Deux conséquences pratiques. D'abord, si vous cherchez du volume, achetez gros : le ratio joue en votre faveur. Ensuite, sur les petits formats, ne raisonnez pas au gramme du tout — comparez surface polie contre surface polie, ce qui est le seul calcul honnête.

💡 Le calcul qui remplace le prix au gramme : sur une pièce de moins de 500 g, mesurez approximativement la face polie sur la photo, en centimètres carrés, puis divisez le prix par cette surface. Un bloc de 8 × 6 cm offre 48 cm² ; à 40 €, cela fait environ 0,80 € le centimètre carré. Multipliez ensuite mentalement par le taux de couverture : si seulement la moitié s'allume, votre coût réel monte à 1,60 € le centimètre carré utile. C'est ce chiffre-là qui compare deux labradorites, pas le poids affiché.

 

Ce qui fait chuter la valeur

Bonne nouvelle : la labradorite est très peu falsifiée. Son effet optique est difficile à imiter et le matériau naturel coûte trop peu cher pour justifier une contrefaçon. Les vraies causes de déception sont ailleurs, et elles tiennent presque toutes à la présentation.

Sans conséquence sur la valeur

Le polissage, indispensable puisque l'effet n'apparaît que sur une face travaillée. La base sciée à plat pour que la pièce tienne debout. Les petites inclusions sombres de magnétite ou d'ilménite, fréquentes et sans effet sur la labradorescence. Et le fond gris terne des zones non polies, qui est simplement l'aspect naturel du minéral.

Ce qui doit faire renoncer

Une seule photo, prise dans l'axe optimal, sans vue alternative. Un revêtement irisé appliqué en surface, reconnaissable à des couleurs trop vives et régulières sur les arêtes. Les fractures traversantes sur les sphères et les œufs, fréquentes et souvent masquées par l'angle de prise de vue. Et un poli médiocre, qui atténue durablement l'effet.

Un mot sur la dureté, qui a une conséquence directe d'usage. La labradorite se situe entre 6 et 6,5 sur l'échelle de Mohs et possède un clivage franc. Elle se raye au contact du quartz, présent dans la poussière ordinaire, et elle s'ébrèche sur un choc mal placé. En bague portée quotidiennement, elle se ternit en quelques années ; en pendentif ou en pièce de présentation, elle ne bouge pas. Nos recommandations d'entretien sont regroupées dans notre tableau de purification et de rechargement.

💡 Ce qui ternit vraiment une labradorite : contrairement à l'améthyste, elle ne craint pas le soleil — sa couleur ne vient pas d'un pigment mais d'une structure physique, que la lumière ne détruit pas. Ce qui l'abîme, c'est le micro-rayage du poli. Chaque essuyage à sec sur une surface poussiéreuse dépose de fines rayures qui diffusent la lumière et éteignent progressivement l'effet. Dépoussiérez au pinceau doux ou à la poire soufflante, et nettoyez à l'eau tiède savonneuse avec un chiffon microfibre humide, jamais sec.

 

Choisir selon votre usage et votre budget

La bonne question n'est pas « combien coûte une labradorite » mais « quelle labradorite pour quel emplacement ». Voici la séquence de décision, dans l'ordre où elle fait gagner le plus de temps.

  1. 1

    Partez de l'emplacement, pas du budget

    Se faire l'œil ou porter sur soi : roulée ou bijou, 3 à 50 €. Poser sur un bureau ou une étagère à hauteur de regard : bloc poli de 150 à 500 g, 25 à 70 €. Créer un point focal dans une pièce : bloc de plus d'un kilo, à partir de 100 €. Une labradorite ne fonctionne que là où elle reçoit une lumière rasante et où l'on peut tourner autour.

  2. 2

    Arbitrez couverture contre couleur rare

    À budget donné, vous aurez soit une grande surface entièrement bleue qui s'allume, soit une pièce plus petite avec du doré ou du violet. Pour un premier achat, privilégiez toujours la couverture : une pièce entièrement allumée en bleu impressionne davantage qu'une pièce violette qui ne réagit que sur un coin.

  3. 3

    Exigez deux angles, sans exception

    C'est le contrôle qui écarte le plus grand nombre de mauvais achats sur cette pierre. Deux photos sous des inclinaisons différentes, ou une courte vidéo. Si l'effet disparaît complètement entre les deux clichés, l'angle utile est étroit et le prix doit le refléter.

  4. 4

    Calculez au centimètre carré utile

    Sur les petits et moyens formats, le poids ne dit rien. Divisez le prix par la surface polie, puis pondérez par le taux de couverture. Deux pièces au même prix affichent souvent des coûts réels du simple au double une fois ce calcul fait.

  5. 5

    Questionnez le mot « spectrolite »

    Si le terme apparaît sur l'étiquette, demandez le gisement. Une réponse « Ylämaa, Finlande » justifie la prime ; « Madagascar » signifie que le mot est employé au sens large et que le prix devrait suivre le référentiel malgache. Nos repères sur la chaîne d'approvisionnement figurent dans notre article sur le circuit des minéraux, de la mine aux grossistes.

 

Questions fréquentes sur le prix de la labradorite

Quel est le prix d'une labradorite ?
Comptez 3 à 15 € pour une pierre roulée ou un petit galet, 12 à 50 € pour un bijou, 25 à 70 € pour un bloc poli de 150 à 500 g, 50 à 180 € pour un bloc de 500 g à 2 kg, et 150 à 500 € au-delà de 2 kg. Ces fourchettes valent pour une palette bleu-vert standard et une couverture correcte. Une spectrolite finlandaise authentifiée se situe deux à quatre fois au-dessus. Contrairement à l'améthyste ou au quartz, la labradorite n'a pas de segment à plusieurs milliers d'euros : son plafond commercial reste bas parce que le matériau brut est abondant.
Comment savoir si une labradorite est de bonne qualité ?
Trois critères, dans cet ordre. La couverture d'abord : inclinez la pierre et estimez quelle proportion de la face polie s'allume — au-dessus de 70 %, c'est une belle pièce, en dessous de 30 % le prix doit être au plancher. La palette ensuite : le bleu et le vert sont la norme, le doré vaut une prime de 30 à 50 %, le violet et l'orangé peuvent doubler le prix. L'angle utile enfin : une bonne labradorite reste lumineuse sur une large plage d'inclinaison, une pièce médiocre n'a qu'une fenêtre étroite. Ce dernier point ne se juge que sur plusieurs photos ou une vidéo.
La spectrolite vaut-elle vraiment plus cher que la labradorite ?
Oui, deux à quatre fois plus, mais uniquement si l'origine finlandaise est établie. Au sens strict, le terme désigne le matériau du gisement d'Ylämaa, en Finlande, découvert en 1940 : un spectre complet allant jusqu'au rouge et à l'orangé, sur un fond quasi noir qui maximise le contraste. Dans l'usage courant, beaucoup de vendeurs appliquent le mot à toute labradorite multicolore, notamment malgache, sans intention de tromper mais sans que la prime soit justifiée. Le réflexe est simple : demandez le gisement. Sans réponse précise, considérez que vous achetez de la labradorite ordinaire.
Pourquoi le prix au gramme baisse-t-il quand la pièce grossit ?
Parce qu'on achète une surface, pas un volume. Sur la labradorite, l'effet optique n'existe que sur la face polie ; doubler le poids d'un bloc n'y ajoute presque rien, cela ajoute surtout de l'épaisseur derrière. Sous 250 g, comptez 0,15 à 0,30 € le gramme ; au-delà d'un kilo, la bande descend à 0,03 à 0,12 €. Un bloc poli de 6,6 kg a par exemple été adjugé environ 220 € en salle des ventes, soit près de 0,03 €/g. C'est l'inverse exact du quartz de collection, où un gros cristal devient exponentiellement plus rare. Conséquence pratique : si vous cherchez du volume, le gros format est nettement plus rationnel.
Existe-t-il de fausses labradorites ?
Très peu, et c'est l'une des rares bonnes nouvelles de ce marché. L'effet est difficile à imiter et le matériau naturel coûte trop peu cher pour rentabiliser une contrefaçon. Deux cas existent malgré tout. Le premier est le revêtement irisé appliqué en surface, reconnaissable à des couleurs trop vives, trop régulières, et qui suivent les arêtes plutôt que les plans internes. Le second est la confusion de nom : une « pierre de lune noire » est le plus souvent une labradorite sombre banale, et une labradorite blanche est un plagioclase à effet plus doux, pas la même pierre. Aucune des deux ne justifie une prime.
Peut-on porter une labradorite tous les jours ?
En pendentif ou en bracelet, oui ; en bague portée quotidiennement, c'est déconseillé. Sa dureté de 6 à 6,5 la place sous celle du quartz, présent dans la poussière ordinaire, ce qui signifie qu'elle se raye au simple frottement et que son poli se ternit avec le temps. Elle possède en outre un clivage franc et s'ébrèche sur un choc mal placé. L'entretien est simple mais contre-intuitif : dépoussiérez au pinceau doux ou à la poire soufflante, et n'essuyez jamais à sec une surface poussiéreuse — ce geste est la première cause de perte d'éclat.
Quel budget prévoir pour un premier achat ?
Une dizaine d'euros suffisent pour une roulée ou un petit galet, ce qui reste le meilleur moyen de comprendre en main ce que veut dire « couverture ». Entre 25 et 70 €, vous accédez au bloc poli de 150 à 500 g, qui est le format le plus intéressant pour se faire l'œil : la surface est assez grande pour juger réellement l'effet. Au-delà de 100 €, vous entrez dans la pièce de présentation. Le conseil qui vaut pour tous les budgets : mieux vaut une petite pièce entièrement allumée qu'un gros bloc dont un coin seulement réagit. Nos pierres roulées constituent le point d'entrée le plus simple.

 

Jugez sur ce qui s'allume, pas sur ce qui pèse

Poids, dimensions, origine et surtout plusieurs angles de prise de vue : les quatre éléments qui rendent une labradorite évaluable. Exigez-les partout, y compris chez nous.

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